Ce mot m'agace. On en a plein la bouche. Il est laid. Il existe plein de synonymes, plus riches de sens.
Je me demande, à regarder son étymologie de plus près, si le mot "changement" est à la mode parce qu'il est enraciné dans l'immobilisme.
Le changement, parent pauvre de la mutation
Changement vient du latin "cambio" qui signifie "échanger", "troquer" (le Gaffiot n'est pas plus disert que ça) : remplacer une chose par une autre de même valeur. Avec le temps, "changer" a supplanté le mot "muter" (ou muer). La définition de "mutare" en latin est pourtant autrement plus riche. Si on y retrouve le sens "d'échanger", les sens principaux sont "déplacer" (civitate mutari - devenir citoyen d'une autre patrie) et "modifier" (feminis mutari in mares - de femmes se changer en hommes).
On ne parle donc pas de "conduite de la mutation", qui serait pourtant plus approprié. Dommage. Et on se souviendra du délétère et néanmoins si populaire "changement dans la continuité" giscardien.
"Rendre autre"
Pour comprendre le concept de "changement", point de salut dans le sabir du business : il utilise le même mot (change management - plus de 900.000.000 d'occurences sur google... wow). La langue allemande est plus précieuse. Elle dispose, comme toujours, d'un arsenal foisonnant pour approcher le concept. Dans l'ensemble, c'est une idée de "rendre autre" qui domine.
Ainsi, "conduite du changement" se dit "Veränderungsprozess", soit "processus d'altération". Ou encore "Wandlungsprozess", qui signifie quelque chose comme un changement radical dont l'issue est incertaine. Une trans-formation ou une méta-morphose, un "au-delà de la forme".
Tiens, communiquer le changement pourrait consister à dépasser la forme. Tout un programme pour la mutation du métier de communiquant...



