Je viens de terminer le livre de Jeremy Rifkin "l'âge de l'accès". Ecrit en 2000, sa thèse est que le capitalisme n'est plus fondé sur la propriété, mais sur l'accès à des expériences. En clair : le consommateur n'achète plus des objets mais des instants d'émotions.
Résumé par cette phrase tirée d'une interview du Président de Monsanto : "les gens ne sont pas vraiment intéressés par la possession d'une moquette, ce qu'ils veulent, c'est pouvoir marcher dessus".
Le marketing experientiel : une tendance lourde, pas un phénomène de mode
Je relie la thèse de Rifkin au concept de marketing expérientiel, né fin des années 90. Jeremy Rifkin en donne d'ailleurs de nombreux exemples dans son livre :
- croissance de la location de voitures
- croissance des communautés résidentielles
- développement de la "disneylandiation" du tourisme
- marchandisation croissante de la culture ("MTV c'est de l'expérience hors de tout contexte")
J'en ai appris plus sur le marketing expérientiel dans le livre de Rifkin que dans bien des ouvrages de marketing. Rifkin inscrit cette tendance récente dans l'histoire économique et sociale, et on comprend que c'est une tendance lourde.
La réalité de la réalité virtuelle
Rifkin montre aussi très clairement l'impact de la convergence des médias dans ce nouvel âge. On retrouve, une génération après la société du spectacle de Guy Debord, le même thème de la théatralisation de la société. C'est l'idéologie qui change.
Pour Rifkin "c'est l'intensité de l'expérience qui fournit le critère du réel. Et pour un nombre croissant de jeunes, c'est la réalité simulée qui est la plus intense."
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