Il y a des rencontres qui changent d'un coup votre vision du monde. Je suis membre Apm (Association Progrès du Management) depuis 5 ans. A chaque séance, un expert m'apporte une part d'étonnement et d'apprentissage.
Celui de ce mois-ci s'appelle Jean-Marc Jancovici. Polytechnicien, ingénieur-conseil en environnement, son diagnostic sur l'évolution de l'humanité est fondé sur les lois et calculs physiques.
Il démontre de manière précise et documentée deux phénomènes dont on parle beaucoup : le réchauffement climatique et la fin du pétrole.
Ses conclusions et les scénarios qui en découlent sont plus qu'alarmants. Notre civilisation est menacée d'effondrement à court terme (deux générations). Si nous ne changeons pas tout de suite nos comportements, le Haut Moyen-Age ou le nazisme feront figure d'accidents mineurs de l'Histoire. Si nous survivons à ce siècle.
Je vous conseille son dernier livre (disponible à la Fnac) et son site internet.
Il dit en substance :
- L'impact actuel de l'activité humaine conduit à un dérèglement climatique qui n'a jamais été observé dans les 400.000 dernières années. Les conséquences seront plus violentes que tout ce que la Terre a connu pendant cette période.
- L'activité humaine future aggravera la situation, sauf à diviser immédiatement par 4 notre consommation d'énergie. Les effets de l'activité humaine auront d'ores et déjà un impact sur le climat pendant plus d'un millier d'années.
- Notre développement économique est dépendant à 80% des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon). La demande d'énergie croît de 2% par an. Dans l'hypothèse la plus optimiste, la production de pétrole diminuera au plus tard en 2025 (déclaration de Thierry Desmaret à l'Assemblée Nationale), alors que la demande continuera de croître.
- Il n'y a pas d'issue "confortable" prévisible. Les effets du réchauffement climatique (environnement) et de la pénurie d'énergie (économique et social) prennent notre civilisation en tenaille. En particulier, la fin de l'abondance énergétique ne nous permettra plus de réagir efficacement contre le dérèglement climatique.
- Il n'y aura mathématiquement plus suffisamment d'énergie pour que les hommes et les femmes qui naissent aujourd'hui vivent dans les mêmes conditions de confort (logement, transport, santé, loisirs,…). Il n'y aura peut-être pas assez d'énergie assurer la survie de 9 milliards d'habitants.
La question est : acceptons-nous de faire mourir tous nos enfants demain ? et si non, voulons-nous agir ensemble, en démocratie, pour le plus grand nombre ? Ou voulons-nous attendre qu'un totalitarisme d'une dureté jamais égalée décide de la solution finale, c'est-à-dire de quelle partie de l'humanité doit être massacrée pour servir l'autre ?
Pourquoi je publie cette note
Quel rapport, me direz-vous, avec mon blog et mon métier ? Je publie cette note pour 2 raisons :
- Jean-Marc Jancovici nous alerte que si nous ne modifions pas radicalement notre manière de penser et nos comportements (notre culture, en somme), l'arithmétique montre que la fin du monde est pour demain. L'arithmétique, les lois physiques ; pas un philosophe, un gourou ou un prophète. C'est une bonne raison pour relayer l'info.
- Je veux bien fourguer à qui veut l'accepter mes outils de communication du changement. Je crois même que c'est urgent. Le temps de la "communication environnementale" est dépassé. Le diagnostic de Jean-Marc Jancovici est partagé par toutes les personnes qui travaillent sur le sujet. Partagé par les scientifiques, mais aussi de Thierry Desmaret aux écolos anti-nucléaires.
Ses détracteurs, toutefois, ne sont pas d'accord sur les solutions. C'est là que commence la communication du changement. Je l'appellerais plutôt "communication collaborative". Elle peut apporter une aide pour trouver des solutions inédites et partagées par tous.
Jean-Marc Jancovici écrit "nous sommes tous les éléments du problème" (p.60). Si nous voulons que les solutions soient appropriées, nous sommes tous acteurs de la construction de la solution.