Jean-Michel Billaut explique avec une grande simplicité l'enjeu principal de l'internet : la désintermédiation, et les changements qui vont avec.
Il en a fait une belle démonstration le 13 septembre dernier, à l'agence de communication Latitude à Strasbourg. J'avais réuni le personnel de l'agence et une vingtaine d'inscrits, beaucoup d'habitués du BarCampAlsace.
Ce qui est utile, dans la présentation de Billaut, c'est trois points clés :
- quels champs de l'activité humaine peuvent être désintermédiés : le commerce, l'information, la finance, l'Etat. Tous modifient les rapports de pouvoir dans la société.
- le web2.0 (permettre à tout internaute de apporter une contribution par le web) réunit des outils qui rendent la désintermédiation possible (ce qui n'était pas le cas à la fin du siècle dernier, une des raisons majeures de l'éclatement de la bulle internet).
- la valeur de cette desintermédiation est corrélée à l'infrastructure : le très haut débit (en trois mots, pour Billaut : la fibre optique). Plus on a de débit, plus la désintermédiation est élevée.
Sur ce dernier point, Jean-Michel Billaut a été très convaincant. Il affirme que les infrastructures de fibres
optiques doivent être publiques, comme les routes : actuellement, en France (sauf à Pau !), les réseaux sont privés. Pour illustrer l'absurdité du système, Jean-Michel Billaut, explique que c'est "comme si Mercedes construisait des routes dédiées uniquement aux Mercedes".
Le coût de la fibre en France ? "5 milliards d'Euros par an, pendant 3 ans" répond Billaut. Pour quel bénéfice ? La désinermédiation, soit des centaines de milliards d'Euros par an.
Le concept de désintermédiation n'est pas neuf, et pourtant...
Pour ma part, j'en ai pris conscience en 2000 après avoir lu un bouquin passé totalement inaperçu, mais claire et précis et écrit par un groupe de consultants du BCG. Au BCG, ils sont loin d'être sot. Le livre a disparu, mais ce qu'ils prédisaient se réalise (desintermédiation, et surtout prime au leaders). Je ferai peut-être une note sur ce bouquin une autre fois.
J'ai aussi trouvé que Jean-Michel Billaut n'était pas entendu, même lors de ses interventions à Strasbourg. D'ailleurs il le dit : "y faut gueuler, sinon, vous n'aurez rien". Y a du boulot...
Merci Jean-Michel pour ta clarté, ta bonne humeur et ta gniaque.
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