On savait que le contexte influence le goût des aliments. On sait maintenant que la présence d'une marque influence la perception d'une autre marque.
Une ancienne étude a montré que le même plat, goûté dans des environnements différents (restaurant gastronomique, cantine, routier), est perçu de manière différente.
Cette année, une étude vient de montrer que suivant la marque de vin, le goût du fromage n'était pas le même.
La méthode est toujours la même : on prend le même produit, on change l'étiquette et on met le consommateur dans des situations différentes. Ici, le consommateur goûte le vin avec du fromage. Suivant l'étiquette, le goût du vin n'est pas le même, ça on le savait déjà. Mais celui du fromage non plus...
On peut donc se poser la question de savoir ce qui se passe lorsque les marques se croisent. Par exemple, quelle est l'influence mutuelle d'un Boursin sur un pain Poilâne ? Qu'est ce que ça change d'acheter son vin chez Nicolas ou à Auchan, sur son camembert Président ? Est-ce que Nespresso a intérêt à proposer sa propre gamme de tasses et de chocolat, ou serait-il judicieux de faire du co-branding avec Rosenthal et Valrhona ?
Et finalement, tout cela est une bonne nouvelle... parce que cela ouvre la possibilité de créer notre propre marque, faite d'amour et de générosité, imaginer la marque qui nous ressemble, à déguster avec le fromage du petit fromager du coin, entre nous, entre amis ou en famille.
Evidemment, pour cela il faut avoir une légitimité sur sa cible. Mes enfants me croiront sur parole. Mes amis, presque tous experts en vin et que je ne saurais contredire, seront plus dubitatifs, pour ne pas dire inquiets. Mais c'est un beau champ d'expérimentation, qui me semble très en phase avec les tendances actuelles du marketing. Marketing qui, comme chacun sait, est mort depuis quelque temps.
Bon réveillon, et faites attention aux marques que vous consommerez pour bien démarrer l'année...



