La pratique d’envoyer des vœux dits électroniques est triste. A part, des économies, ça rime à quoi ? Quand ce n’est pas le plus expéditif des mails, deux lignes, envoyées à l’ensemble de sa base de contacts, ce sont des vœux de mauvais goût, hideux, mal réalisés, piqués à la sauvette sur tel ou tel site internet.
Même des collègues, pourtant « professionnels de la communication » m’ont fait le coup. Bref, je préfère ne rien recevoir que d’être envahi par ces trucs industrialisés, normés, mal faits.
Je ne crois pas qu’on puisse tout régler par un mail, surtout pas un vœu. Un vœu est à la fois une promesse et un souhait. C’est un engagement et un désir pour l’avenir.
L’origine du mot est religieuse, jusqu’au plus profond de sa racine indo-européenne. Les vœux, en particulier les vœux de fin d’année, marquent le souhait d’être aimé de quelqu’un, c’est un cadeau, un don de soi.
Tout de même, ce n’est pas rien ! Et pour cela il faut du temps, de la maturation, de la maturité. Il faut pouvoir, vouloir, se donner le temps d’y réfléchir, quitte à renoncer à faire des vœux parce que le temps pourrait manquer.
De sorte qu’on peut imaginer que les vœux prennent une forme électronique, pourquoi pas. Mais pour être plus généreux encore, en s’appuyant sur la technologie pour servir la tradition. Personnaliser, diffuser largement quelque chose de personnel, créer une image, une vidéo originale, qui vienne de soi, multiplier les canaux, imaginer des voeux2.0, que sais-je…
Au nom de nos choix de vie, de notre idéologie floue de la « globalisation », fondée sur aucun texte, aucune histoire, aucune rationalité, on jette aux oubliettes des petites choses, des petits fondamentaux.
Il faudrait, chaque fois qu’on remplace une chose par une autre, prendre le temps de réfléchir à ce qu’on brise. C’est sans doute aussi la responsabilité d’un professionnel de la communication.
Je ne suis pas d'accord avec ton interprétation exigeante et engageante des voeux. Ils étaient devenus un simple moyen de garder le contact avec un réseau relationnel bien avant l'utilisation d'Internet. Je n'ai pas envie d'être aimée par un fournisseur ou un client, ni même par quelqu'un qui m'a rendu service un jour et peut le refaire à l'occasion, s'il n'a pas complètement oublié que j'existe. A ceux que j'aime, et dont je veux être aimée, je n'envoie pas de carte de voeux, ni en carton, ni électronique...
Rédigé par : marguerite | 16 janvier 2008 à 12:15