L'inutile a plein de vertus. Sauf quand il se veut intelligent. Dernièrement, j'ai repris en main un vieux Première. J'aime bien Première, c'est un très bon magazine quand on aime le cinéma. Mais les journalistes ne sont pas meilleurs qu'ailleurs, il écrivent trop vite.
Voici une critique très étrange du livre "Portrait d'une flapper" :
"On n'attendait pas forcément Roland Jaccard, spécialiste de la psychanalyse, sur ce terrain. Voilà un texte court, parfois complaisant, très souvent passionnant, qui mêle angoisses d'un conférencier préparant une conférence sur Louise Brooks, derniers feux du désir et amour du cinéma. La star de Loulou s'inscrit en creux et attire vers elle, comme un trou noir, tout le reste du livre. Par petites touches, Jaccard, qu'elle a visiblement longtemps fasciné, en fait l'étendard d'un certain nihilisme érotique. "J'aime les souvenirs, spécialement les mauvais", écrit-il en conclusion. Pour ses lecteurs, ce petit livre fera partie des autres." HP
On ne sait pas trop ce que cet alignement de mots veut dire, ce que c'est qu'un spécialiste de la psychanalyse, si le livre est complaisant (mais envers qui ?) ou passionnant, comment on s'inscrit en creux et attire comme un trou noir, ce que c'est qu'un certain nihilisme érotique.
Bref quelques lignes pour rien, qui n'apprend rien et qui fera l'unanimité. Heureusement à la fin de la revue, Dans un entretien, Pascal Thomas avoue être sorti de la salle au milieu de la projection du film « La vie est belle » de Roberto Benigni. Il trouvait le film insupportable. Cela m’a fait plaisir parce que j’ai ressenti comme insupportable aussi de faire de l'humour à propos de l'holocauste, et le film m’a profondément déplu. Je n’ai jamais trouvé personne qui partageait mon point de vue.
C’est ça qui est bien avec la presse écrite : on y trouve tout et rien, on peut râler et être injuste avec les critiques qui ne font que leur boulot, être émerveillé de trouver une connivence avec une personnalité qu’on respecte, on peut trouver ce qu’on ne venait pas chercher, ce qui est la meilleure façon de découvrir. Comme disait Devos, « trois fois rien c’est tout de même quelque chose ».

