La mauvaise nouvelle en ce moment, c’est la baisse du prix de l’essence. Pour deux raisons :
- la volatilité des prix ne prépare pas aux changements durables de comportement,
- on donne de faux espoirs à ceux, majoritaires, riches ou pauvres, éduqués ou non qui ne veulent (peuvent ?) pas croire que nous sommes au début de la fin du pétrole.
Pourtant, avec la dernière hausse, on était bien parti. Il semble que 1,50 € le litre, devienne une limite à l’élasticité du prix du pétrole.
Un article du Monde daté du 25 juin dernier en témoigne : mieux que la communication, mieux que la mauvaise conscience, mieux que la raison, c’est le prix qui oblige à changer. Dernière barrière, probablement, avant la coercition policière.
Cela fait longtemps que je me pose cette question : comment la communication peut-elle prévenir de la violence ?
A l’agence, nous en faisons l’expérience plusieurs fois par an à travers nos missions de communication de crise. La crise environnementale qui se prépare est sans commune mesure dans l’histoire de l’humanité.
On en revient à l’indicateur…
Si je reprends les conclusions de mon article précédent, les questions qui se posent sont les suivantes :
- Le prix du pétrole est-il un indicateur pertinent ?
- Est-il cohérent avec le système de croyances qui nous permettra de vivre en équilibre avec les ressources naturelles disponibles et les systèmes politiques et sociaux mondiaux (ce qu’on appelle plus simplement Développement Durable) ?
- Si oui, comment peut-il être intégré dans un nouveau système de croyances ?
C’est-à-dire : comment peut-on accueillir l’augmentation du prix du pétrole comme une bonne nouvelle ?
Aujourd’hui, cette augmentation est perçue comme une contrainte (monde de la coercition policière).
On accuse pêle-mêle les groupes pétroliers, les arabes, les politiciens, ceux qui s’en mettent plein les poches, enfin tous ces arguments qui sentent quand même les pires années du siècle dernier. Avec, en corollaire, la théorie de la conspiration : le réchauffement climatique, c’est encore un truc pour nous exploiter (voir la vidéo ci-dessus et les commentaires sur YouTube).
A côté de cela, un cabinet parisien, BeCitizen, gagne aujourd’hui de l'argent en conseillant les entreprises pour développer des stratégies de croissance sans carbone. Son principe d’économie positive est simple : créer de la richesse en restaurant le climat .
L’idée ne coûte pas cher : il s’agit simplement de changer de vision du monde, pour inverser la valeur de l’indicateur. Evidemment, ce n’est pas parce que ce n’est pas cher que c’est facilement accessible…
Cela dit, je ne pense pas que ce soit un bon indicateur en soi. Mais c'est l'indicateur le plus accessible pour notre système de croyances actuel.
Bonjour,
je lis avec intérêt (comme d'habitude le billet du jour) auriez vous la gentillesse de nous expliquer la signification : élasticité du prix du pétrole (pour les non avertis ;-)
bonne journée
Rédigé par: Turquoise Bleue | 09 août 2008 à 09:23
L'élasticité-prix est définie comme le rapport entre la variation relative de la demande d'un bien et la variation relative du prix de ce bien. Ce rapport est généralement négatif car lorsque le prix augmente, la demande diminue et réciproquement,ce qui est le cas pour le pétrole.Depuis les hausses importantes du carburant,on voit les 4X4 diminuer aux EU ou la consommation de 'essence diminuer en juillet en France
Bon we
Rédigé par: Eric SENET | 09 août 2008 à 23:26
Salut Philippe et merci pour ce billet bien senti qui comme d'habitude par ici nous amène irrésistiblement à suivre les liens et fait que l'on n'arrive pas à se décider à fermer l'onglet pour se remettre au travail !
J'ai pensé à toi ce WE car j'ai des amis allemands qui nous rendaient visite en Bourgogne et entre deux repas et dégustations on a eu des conversations très intéressantes sur ce sujet.
Il m'a par ailleurs parlé du dernier livre de Lester R. Brown: "Plan B 3.0: Mobilizing to Save Civilization".
Je ne sais pas si tu l'as déjà lu, mais moi je viens de le télécharger et la table des matières est vraiment "alléchante" (voir ici http://www.earth-policy.org/Books/PB3/Contents.htm ).
Il se trouve que mon ami allemand est chargé à la demande de l'auteur d'organiser à Berlin début septembre une "conférence" qui célèbre la sortie de la traduction du livre en allemand, et ça me donne l'envie d'organiser un barcamp un peu spécial qui serait dédié à des sessions autour des différents thèmes du livre et de l'approche de l'auteur.
Je sais pas pourquoi mais je me suis dit que s'il y avait bien un barcamper que cette idée "verte" et un peu originale pouvait interpeler c'était toi ;-)
Je vais lire le livre pendant mes vacances d'ici la fin du mois et si ça te dit on peu rediscuter de tout ça.
Rédigé par: grégoire | 11 août 2008 à 11:42