Les dernières semaines pendant lesquelles je me demandais vraiment s'il restera en 2009 une banque honnête et, en conséquence, une entreprise solvable, se sont conclues par ce coup de tonnerre, dans la voiture de mon épouse : en ouverture du journal de 19h 30 sur France Info, j'apprends que Dominique Strauss Kahn est l'objet d'une enquête pour avoir zigounilipoulilé avec une collègue.
Deux poids, sans commune mesure
Décidément, c'est glauque. Les criminels qui ont gaspillé plusieurs milliers de milliards de dollars, que nous devrons bien payer à leur place, croient-ils vraiment que les peuples sont assez cons pour détourner leur attention sur ces crimes pour une histoire aussi banale ?
Et franchement, mesdames et messieurs les journalistes, est-ce que vous faites vraiment votre métier en mettant cette info en première page de vos journaux ? Je sais qu'on peut en débattre, que c'est pas simple, et que vous faites ce que vous pouvez. Mais bon...
J'aimerais qu'il y ait plus de colère, de rigueur, de sévérité, voire de cruauté, envers les banquiers irresponsables qui ont joué notre argent au casino (mais attention ! avec classe, avec élégance ! avec des costumes Hugo Boss, s'il vous plait ! avec sérieux, en somme) que de voyeurisme, de bêtise, d'hypocrisie et de mépris pour ceux qui créent vraiment de la valeur.
Le système est dans le mur, si on le garde, il faut absolument changer de chauffeur
En tant qu'économiste, chef d'entreprise, conseil en communication, et engagé pour permettre à mes enfants de vivre sur une planète à peu près supportable, je voudrais rappeler deux choses toutes simples, autrement plus importantes :
- l'argent perdu est perdu. Ce n'est pas une soi-disant "économie virtuelle" : cet argent représente notre travail. Il est parti en guerres, en enfants morts, en immeubles vides, et en spéculation. Il ne reviendra pas par un coup de baguette magique.
- avec trois mille milliards de dollars, on aurait pu, dans le même système, sauver la planète et mettre fin à la pauvreté.
Pour donner une échelle de grandeur, le programme ITER (un des espoirs les plus sérieux de produire une énergie propre, sûre, disponible et quasi inépuisable) représente un investissement de 50 milliards de dollars sur 25 ans.
Soit 60 fois moins que les pots cassés que nous payerons directement ou par l'inflation. Ce programme aurait du démarrer en 1996. A l'époque, je travaillais pour un fournisseur de pièces destinées aux Tokamaks. Un des ingénieurs m'avait dit, déçu : "le projet est reporté de 10 ans, le financement n'est pas bouclé" !!
Le système capitaliste, ou quelque soit le nom qu'on lui donne a pris un coup dans l'aile. Comme une voiture envoyée dans le fossé par la faute d'un conducteur ivre. Pas par la faute de la voiture. Normalement, on répare la voiture et on met le chauffard en prison.
Sinon, qu'on ne s'étonne pas qu'il y ait des révolutions violentes. Elle ne sont pas garantes de la clairvoyance des révolutionnaires. Mais elles s'expliquent par l'arrogance et l'incompétence des pouvoirs en place.
Et merci pour ces deux ou trois choses que vous avez dites, madame Anne Sinclair.
A propos des "banques honnêtes", cette petite animation très pédagogique sur l'argent et les banques :
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1274
Quant à la déréliction dans laquelle se retrouvent certains quant au "dévissage" de la bourse, cette solution-blague quasi "flaubertienne" (cf. sa correspondance) :
http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20081022000810AAbHHfM
Rédigé par : JPPH | 24 octobre 2008 à 14:18
Je regarderai cette vidéo avec grand intérêt, j'en ai vu un petit extrait. Il y a dés le départ quelque chose d'un peu gênant c'est le supposé mystère de la création de la monnaie. Oui, les banques créent de la monnaie, c'est normal, c'est leur rôle, encadré par les banques centrales qui veillent à ce que trop de monnaie ne soit pas créé pour éviter l'inflation.
Ce n'est pas ça qui est problématique. Ce qui pose problème c'est la création de monnaie pour financer des projets qui ne créent pas de valeur dans le délai prévu. Par exemple la guerre, par exemple de l'immobilier insolvable, par exemple spéculer. Ces trois exemples étant de nature très différente.
La solution proposée est en effet la plus raisonnable que j'ai entendue jusqu'à présent : ça ne coûte pas cher et on peut jouir de son travail aisément. Voilà ce que j'appelle créer de la valeur !
Rédigé par : Philippe Schoen | 26 octobre 2008 à 11:11