C'est peu de dire que la Roumanie a une mauvaise image auprès de la majorité des Français. Je ne suis pas loin de penser que ce pays connaîtra en Europe un essor identique à celui du Japon dans le monde.
Dans les années 70, le Japon était méprisé par les pays dits développés. On connait la suite. J'ai vécu cette "irruption" de la puissance japonaise dans l'économie mondiale. Ce qui a surpris, c'était la rapidité avec laquelle l'image de qualité et d'innovation s'est installée. En réalité, c'était un travail de longue haleine (il ne peut pas en être autrement), mais discret.
De la culture à la qualité et l'innovation
Je retrouve dans la Roumanie les mêmes ingrédients : un pays discret, humble, travailleur, en forte croissance économique. Et surtout, comme le Japon, un pays qui a une histoire et une culture auxquels les Roumains sont fortement attachés. Et il y a de quoi.
C'est ce dernier point qui m'a frappé lors de mon voyage en Transylvanie en Août dernier. Confirmé hier soir par la soirée de gala organisée par le Centre Roumain de Strasbourg, ouverte par un récital de la chorale "Preludiu". La qualité de cet ensemble vocal, composé de jeunes artistes, était tout simplement stupéfiante.
Une conséquence économique de cette culture est le goût pour la qualité. Quels que soient les moyens, ce qui est produit doit être de qualité. C'est le cas par exemple des centres commerciaux (voir image ci-dessus), qui n'ont rien à envier à notre pitoyable Rivétoile à Strasbourg, bien au contraire.
Il n'y a pas de communication sans culture
Quel rapport avec la communication ? C'est simple. La communication est un instrument de progrès des sociétés humaines. Communiquer pour communiquer est illusoire. Dominique Wolton expliquait il y a déjà un moment que les récents outils de communication augmentait la quantité des messages et réduisait leur qualité unitaire (ce n'est pas parce qu'on peut dire beaucoup, qu'on dit plus).
Il n'y a de communication utile qu'avec de la culture et du désir. Si on lit le modèle de communication de Shannon, la culture est une variable omniprésente : dans l'émetteur et le récepteur, dans le codage et le décodage, et même les bruits, les canaux et le feed-back.
Un de mes confrères se gonflait les pectoraux récemment en titrant un article sur la communication confondant de sottise : "ce n'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule" (curieuse référence à trois malfrats incompétents...). Eh bien non. Je dirai pour ma part : si on ne veut pas fermer sa gueule, il faut avoir envie de dire des choses.
La communication, c'est des tuyaux et une pompe. Sans culture et sans désir, la pompe tourne à vide, comme celle des Shadoks. Je peux vous dire qu'en Roumanie, des soirées de gala jusqu'aux terrasses de café des petits villages, ça bouge et ça imagine le monde
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