J’ai assisté il y a quinze jours à une énième conférence sur la crise financière. Cette fois-ci, l’intervenant était Yannick Roudaut, auteur du livre « l’alter entreprise ».
Eh bien ça change quand c’est clairJe passe sur les explications techniques qu’il a données sur la mécanique de la crise. Ce n’est pas mon sujet d’aujourd’hui. Je note en tout cas, que tous les intervenants que j'ai pu écouter jusqu'à présent sont à peu près d'accord.
Quelques points clés de ce que j'ai compris de la présentation de Yannick Roudaut :
- Les crises économiques actuelles démarrent par des crises financières (d’après Jacques Marseille, elles ont toujours démarré comme ça).
- Elles sont rendues possibles à cause de la dérégulation des marchés financiers.
- Les acteurs financiers (banques privées) dévoient des outils financiers utiles pour l’économie (destinés à se couvrir des écarts de cours) pour spéculer et créer de la fausse monnaie (qu’on appelle pudiquement "les bulles" : la fausse monnaie, ça ne se dit pas, normalement).
- Les Etats n’ont pas trouvé de moyen de réguler ces marchés jusqu’à présent, et les banques recommencent à spéculer pour se refaire une santé.
- Le moteur de la dynamique de crise financière est la cupidité, qui fait miroiter des rendements irréalistes par rapport à ceux de l’économie matérielle.
Tout ça peut être approfondi, il suffit de demander (par exemple à Google : explication des crises financières).
Les périodes de spéculation financière sont une machine à produire de l’injusticeA richesse équivalente, il y a création de monnaie qui est attribuée à ceux qui spéculent (et ne produisent pas de richesse). Mais cette monnaie ne correspond à aucune richesse créée.
| Analogie : c’est comme si au lieu de partager un gâteau en quatre, on le partage en cinq. Mais le cinquième n'a rien fait pour produire le gâteau. Une sorte d’allocation sociale pour super-riches : on passe un coup de fil, on fait monter une "valeur" et on touche un bonus. Tant que c'est autorisé et qu'il est plus facile de passer un coup de fil que de faire un gâteau, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des gens pour passer des coups de fil. |
Ceux qui produisent de la richesse réelle sont donc ponctionnés par ceux qui spéculent. Il se peut qu’un agent économique produise de la richesse et spécule simultanément. C’est le cas d’agents économiques qui ont accès à l’information financière. Mais la plupart du temps, les populations ouvrières ou peu éduquées n’y accèdent pas. Ce sont elles qui sont le plus pénalisées par le système.
C’est une période marquée par des écarts de revenus extrêmes entre les « super-riches » et les plus pauvres. Je crois que c’est ce phénomène qui donne l’illusion que nos enfants auront des conditions de vie moins bonnes que nous.
Matériellement, ça n’a aucun sens. La population de la génération suivante ne sera pas plus nombreuse que la génération actuelle. Les progrès techniques faciliteront le confort et la santé. Il y a du travail pour tout le monde : les besoins élémentaires pour une vie décente sur Terre ne sont pas servis pour plus de la moitié de la population mondiale.
Nous vivons avec cette très tordue représentation du monde :
- Les plus pauvres se voient pauvres parce que leur part du gâteau (la somme en monnaie de leur fiche de paye) se réduit relativement aux spéculateurs. L'information est largement relayée par les média.
- Les plus riches se voient riches (et puissants, surtout) en imprimant en toute légalité de la fausse monnaie pour consommer des produits qu’ils n’ont pas contribué à produire.
J’appellerais les spéculateurs ou les bénéficiaires de produits financiers irréalistes de bienséants malfaiteurs. Ils sont bien assis, aux avant-postes des pouvoirs, de bons notables dans leur cathédrale, d’inattaquables augures qui prennent les oracles. Mais ils font le mal, en loucedé, on pourrait presque dire : en toute innocence.
Et tout le monde est d’accord pour dire qu’il y a quelque chose qui cloche, mais enfin, puisque rien ne l’interdit… pour ne pas dire que la morale, les cultes de l'individualisme, de la compétition et du héros l'approuvent.
Voilà pour le constat. A croire que les tenants du libéralisme ont oublié leur origine judéo-chrétienne. Moïse a conduit son peuple vers la liberté en lui apportant des Lois.
La suite et comment j'ai décidé de changer de comportement au prochain post…
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