Voici une conférence TED que je recommande dès que je parle de communication environnementale.
Jane Poynter est un des membres de l'équipe qui a participé à l'expérience Biosphere II, dans le désert de l'Arizona, de septembre 1991 à septembre 1993. Huit scientifiques se sont enfermés volontairement dans une bâtiment hermétiquement clos.
L'expérience tentait de recréer un écosystème entièrement autonome. Un des objectifs était d'évaluer la faisabilité de biosphères identiques lors de la colonisation spatiale. Jane Poynter raconte avec passion et humour les difficultés de l'équipe à maintenir un équilibre stable.
Mais c'est bien pour la Terre, et même pour notre petite société humaine que l'expérience semble avoir été la plus utile.
La prise de conscience par l'expérience vécue
Lorsque Jane Poynter entre dans Biosphere II, elle "comprend" très vite qu'elle est une partie de Biosphere II. Elle ressent concrètement que lorsqu'elle expire du CO2, ce CO2 nourrit les plantes qui la nourrissent à leur tour.
Elle donne cet exemple amusant : lorsqu'elle commande une pizza sur Biosphere II, elle attend trois mois, le temps de faire pousser le blé, les tomates, traire la chèvre, faire la pâte et cuire la pizza. Elle a suivi le processus et y a participé. Sur Biosphere I (la Terre), elle attend quelques minutes. Mais elle ne sait pas d'où vient la pizza.
Ainsi, lorsque Jane Poynter retrouve la Terre, ce qui la trouble, c'est qu'elle "perd contact avec l'origine des aliments". D'une manière générale, elle ressent une déconnexion entre elle et son environnement.
Dans le même ordre d'idée, elle dit aussi que la première chose qui l'a frappée à la sortie de Biosphere II, c'est la puanteur des gens. Non pas la puanteur de leur corps, mais celle des parfums (laque à cheveux, déodorants), les odeurs qui masquent, qui font écran. Elle perd contact avec l'origine de l'autre.
"Small stuff counts" - Les petites choses sont importantes
L'enseignement de cette expérience est très riche. Il indique que pour notre équilibre, à la fois intérieur (trouver nos repères) qu'extérieur (être en accord avec notre environnement), nous avons besoin de vivre dans un espace "modeste" : mesuré. Je dirais : que je peux mesurer.
Un endroit où je peux au mieux qui est l'autre, d'où il vient, ce qu'il devient, d'où vient ce que je mange, où va ce que je jette, mon impact sur les autres et les objets.
Je peux penser le monde qui me dépasse. Mais je ne peux pas y vivre. Je peux être en contact avec une personne sur Facebook. Mais ça n'en fera pas mon amie. Je ne peux vivre que dans un monde que j'arrive à voir, toucher, comprendre.
La communication par le jardinage
De la même manière, la communication environnementale ne peut pas seulement passer par le discours. Pour qu'il y ait (re)prise de conscience et changement de comportements, elle doit passer par l'expérience, les relations sociales entre voisins, le jardinage et la promenade à travers les paysages.
Fin 2009 a montré l'échec de la politique pour résoudre le problème du dérèglement climatique. Cet échec et l'expérience de Jane Poynter nous disent avec insistance que la solution viendra de chacun d'entre nous, à notre petite échelle :
Il n'y a pas une seule grande solution au problème, il y a 6 milliards (bientôt 9) de modestes solutions.
Les grandes campagnes de "sensibilisation" servent à mettre en route notre pensée.
Des méthodes participatives et des parcours pédagogiques servent à mettre en route nos actions.
Vendredi 27/11 après-midi et samedi 28/11 toute la journée aura lieu un forum ouvert sur le thème « construire en 24 heures un espace pour entreprendre ».
Un forum ouvert est une méthode participative qui permet à tous les participants de la rencontre de s’exprimer, d’échanger des idées et de s’engager dans une action.
Je vous engage à vous y inscrire sur ce site, c’est une expérience et un sujet passionnants :
Ce forum ouvert est à l’initiative et organisé par L'Usine à Projets.
Qu’est-ce qu’une méthode participative ?
Cela fait quelques années que je m’intéresse aux méthodes participatives. Ainsi, j’ai organisé les 5 premiers BarCampAlsace (dont la méthode est proche des forums ouverts), et j’ai animé une bonne dizaine de World Cafés. Ces méthodes ont émergé au cours des années 1990 aux Etats Unis.
L’enjeu de ces rencontres est de valoriser le potentiel de la présence des participants. Prenez par exemple 70 participants (le nombre actuel de participants au forum ouvert qui aura lieu cette semaine), d’une moyenne d’âge de 30 ans, avec une expérience professionnelle moyenne de 8 ans.
Ca fait potentiellement :
2.100 ans d’expérience de vie
560 ans d’expérience professionnelle
On connaît peu de conférencier qui aurait ce CV. Et évidemment je ne compte même pas (parce que je suis très mauvais en statistique) le nombre de combinaisons d’échanges possibles.
Ca sert à quoi ?
Les méthodes participatives pourraient remplacer toutes les conférences, voire toutes les formes de réunion et lieux de débat actuels.
Mon expérience montre qu’elles sont plus performantes à temps équivalent que n’importe quel format de rencontre classique.
Comment ça marche ?
Leur fonctionnement repose sur quelques règles (ou lois) simples. Elles varient suivant les méthodes. Mais elles vont toutes dans le même sens :
Le thème de la rencontre est important pour les participants.
On considère que les participants, puisqu’ils ont fait l’effort d’être là, ont une expertise qui a une valeur. Plus il y a de diversité, plus il y a de résultat.
Lorsqu’un participant souhaite prendre la parole, les conditions sont réunies pour qu’il soit écouté et compris.
Le groupe est capable de s’auto-organiser (gère l’agenda, le temps, l’espace et les échanges) pour traiter le thème.
Le facilitateur est garant du cadre qui aboutit à des actions et des porteurs de projet.
Pourquoi c’est différent ?
Les points 2 et 3 renvoient aux rapports sociaux : il n’y a pas de hiérarchie, pas de préjugé sur les personnes.
Les points 4 et 5 sont à la fois des facteurs de productivité et de motivation :
Les moyens à mettre en œuvre sont minimes (il faut un bon facilitateur, tout le reste est d’un coût négligeable).
Les participants s’approprient le contenu de la rencontre. Et c’est peu de le dire : ils sont créateurs et propriétaires de ce qui se dit, se construit et se planifie.
Mise en cause des hiérarchies, diversité, propriété collective : sont des méthodes subversives pour les organisations classiques. Ces méthodes accompagnent un mouvement utopiste vers de nouveaux rapports sociaux :
Qu’importe l’apparence, c’est le contenu qui est important : le statut, l'imposture, les symboles de pouvoir et l’arrogance n'ont pas de valeur.
La diversité et le dialogue pacifique peuvent apporter des solutions que les structures hiérarchisées et concurrentielles ne sont pas capables d’imaginer (groupes en concurrence ou en conflit, organismes de recherche monodisciplinaire, etc…)
Alors, ces méthodes seraient-elles un pas vers l'utopie ? Dans notre esprit, l’utopie est associée (à juste titre) à l’idéal inatteignable. Mais voici une belle histoire:
J’ai organisé cette année un World Café avec les collaborateurs d’une très grande entreprise. Mon commanditaire avait confiance à mon équipe et nous a laissé carte blanche. Au milieu du World Café, il est venu me voir, tout sourire et m’a dit : « c’est dingue ! ça marche ! ». Au fond, avant d'en faire l'expérience, il n’y croyait pas, et j’ai trouvé ça tellement courageux de sa part de nous faire confiance.
C'est la grande récompense de cette pratique : on est très étonné de voir ce que nous sommes capables de penser ensemble.
Je reçois une newsletter prospective assez intéressante depuis quelques années. La «lettre des signaux faibles» de Philippe Cahen. D’habitude plutôt modérée, elle livre cette fois un système d’équation limpide et difficile à résoudre :
montée fulgurante du chômage et crise sociale mondiales
relance économique concertée par les secteurs traditionnels (automobile, bâtiment traditionnel, infrastructures)
nouveaux comportements de consommateurs et « clean tech » (qui risquent de mettre en cause ou délaisser à moyen terme ce qui sera produit par la relance économique)
baisse structurelle du « pouvoir d’achat » : accepter de s’apauvrir ou trouver son épanouissement ailleurs
découplage formation / travail : n’espérez plus compter seulement sur vos études pour construire votre vie professionnelle
montée des extrêmes : NPA, catholicisme intégriste, et les autres
Philippe Cahen pose ainsi la question « il faut partir de zéro : que conserver ? que changer ? Davos n’a pas apporté la réponse, n’a pas apporté de réponse… De quel zéro faut-il partir ? »
On pourrait aussi poser la question en ces termes : qu’est ce qui reste lisible ? qu’est-ce qui pourrait être lu sous un autre angle ?
Par exemple, « manger » est lisible : tout le monde doit manger. Mais manger « quoi » et « comment » doit être vu sous un autre angle si les riches ne veulent pas mourir de graisse, et les pauvres de faim. Par exemple, « voiture » en Europe, n’est apparemment lisible que par les constructeurs automobiles. On ne parle plus de voiture mais de déplacement. Le consommateur a déjà changé de regard, et à une vitesse incroyable. Il y a des mots qui disparaîtront du langage courant, d’autres qui seront transformés.
La transformation de la réalité passe par la transformation du langage
Comme d’autres, Philippe Cahen montre qu’il faut changer de système. Il y a deux façons de changer un système : par le haut et par le peuple.
Le premier changement est un totalitarisme. Il s’appuie sur des armes et de la police. Il passe par une réduction (un emprisonnement) du langage.
Le deuxième est ce que « l’Occident » appelle la démocratie, mais ça peut prendre d’autres noms ailleurs.
C’est une réalité partagée pacifiquement entre tous, et conduite par ceux qui sont désignés pour gérer cette réalité. Il s’appuie sur l’éducation, la créativité, la communication (sous toutes ses formes, et surtout interpersonnelle) et du temps pour s’approprier (devenir propriétaire) cette réalité sociale.
Le risque du totalitarisme par la communication
Il y a une troisième façon de changer le système : c’est le totalitarisme par la communication. Dans un article du Monde dont je parlerai la prochaine fois, Valéry Giscard d’Estaing dit ceci :
« Actuellement, les dirigeants des gouvernements en place ne sont pas des économistes. Ils ont des réactions plus politiques, plus diplomatiques ou plus communicantes » (Le Monde - 12/01/09)
Ce qui le laisse perplexe. On peut le comprendre : Valéry Giscard d’Estaing a perdu les élections présidentielles contre un champion surentraîné de la communication.
En soi, ce n’est pas un problème d’avoir des dirigeants communicants. Ils sont plus faciles à comprendre, plus accessibles. Ce qui pose problème c’est que cette compétence n’est pas partagée par les électeurs. Qui peut décoder les figures de rhétorique verbales et visuelles de nos dirigeants ? Peu de monde. En tout cas pas l’écrasante majorité des électeurs.
Dans ce contexte, plus nous aurons de dirigeants « communicants » moins la communication servira la démocratie. Cette « démocratie totalitaire » contient à la fois la privation de liberté et l’opium du peuple qui la rend supportable. C'est une sorte de deux en un.
Voici ce que dit Noam Chomsky sur Barak Obama, dans une vidéo diffusée par Le Monde: « Je pense que quand les nuages vont s’évanouir, on le percevra comme ce qu’il a toujours été : une sorte de démocrate centriste, dans l’esprit de Clinton. Dans les faits, avec ses nominations, il n’a pas perdu beaucoup de temps pour rendre cela clair. Sa première nomination a été Rahm Emanuel. C’est important : le secrétaire général de la Maison Blanche. Il vient d’une banque d’investissement. Il arrive tout droit de l’industrie qui a créé la crise actuelle. Il était l’un des plus fervents supporters de la guerre en Irak parmi les démocrates… C’est la même chose pour Biden, très pro-guerre. »
La communication pour sortir du totalitarisme
On est loin du rêve de rupture et de changement… on est loin du changement de système. Et c’est normal : on ne peut pas demander à un responsable élu par un système de détruire ce système qu’il a pour mission de servir.
La seule option pour sortir du cadre est qu’un nouveau cadre naisse des gens eux-mêmes. Cherchez où se créent de nouveaux mots. Cherchez où se manifestent de nouveaux comportements. Cherchez où s’inventent de nouvelles relations entre les gens, et vous trouverez sans doute des solutions pour demain : dans les banlieues, dans les laboratoires de recherche, dans les pays qui ont faim, parmi les entrepreneurs qui changent les règles du marché, parmi ceux qui n’ont rien à perdre et tout à gagner. Un mélange hétérogène qui doit structurer une pensée, un langage, une politique.
Ce qui manque à cette énergie sous-terraine, ce sont les outils de communication qui permettent de se relier, de se faire comprendre, de coopérer et de partager des utopies avec la part conservatrice de nos sociétés.
Un de mes projets est d’installer Latitude, mon entreprise en zone franche (mi 2010) et de demander à mes collaborateurs de former bénévolement des jeunes et des moins jeunes à la communication. Leur faire rencontrer d’autres populations, différentes, expertes d’autres choses, me semble aussi une bonne manière de « tricoter » de nouveaux possibles. C'est bien sûr presque rien à l'échelle de l'enjeu, mais c'est déjà ça...
La publicité de Barak Obama d'une demi-heure, diffusée sur les grandes chaînes de télévision américaine est une leçon quasi-académique de communication. Voici quelques points saillants de ce travail, il y en a sans doute d'autres :
Donner un sens à la différence
La publicité est l'art de faire valoir une différence. La différence patente entre Barak Obama et son adversaire est la complexité de son programme. Le format d'une demi-heure présente 2 avantages :
surprendre par le format lui-même qui crée une différenciation perceptible,
un format adapté à un message complexe : un spot de 30 secondes est nécessairement démagogique, dans un spot de 30 minutes, on peut aussi faire de la pédagogie.
La légitimité
Une des clés de la dialectique politique est la légitimité : qui es-tu pour nous représenter ? Barak Obama, issu de la minorité ethnique noire, avait un gros travail à faire. Les 30 minutes de la publicité étaient rythmées par la question de la légitimité.
Obama a travaillé sur 2 registres :
l'origine sociale
la filiation
Concernant l'origine sociale, il s'est appuyé sur la middle class dont il est issu. Les quatre témoignages sont tirés de classes modestes américaines, trois familles blanches, une famille noire. Les témoignages étaient intriqués aux propres témoignages de l'enfance de Barak Obama.
La séquence était la suivante : témoignage d'une famille américaine / discours du candidat / témoignage du citoyen Barak Obama.
Concernant la filiation, c'est beaucoup plus subtil et intéressant. J'ai cherché parmi les personnalités américaines de qui Barak Obama pourrait être l'héritier.
J'ai pensé d'emblée à Martin Luther King, mais non, ça ne colle pas du tout avec le film. Martin Luther King avait un débit verbal plus lent, et exprimait ses émotions avec beaucoup plus d'intensité que Barak Obama. J'ai trouvé une filiation très claire avec John F. Kennedy.
Il y a sans doute encore d'autres filiations à trouver. Finalement, après avoir visionné d'autres meetings de Barak Obama, je pense qu'il s'est affilié à ces deux personnalités.
Ici un publicité de JFK : regardez la gestuelle, et le visage, très proche du non verbal de Barak Obama. Des mains tendues, qui "structurent" le discours. Dans d'autres vidéos, Barak Obama pointe le doigt vers l'horizon ou vers la foule de la même manière que JFK.
Ici le fameux discours de Martin Luther King (I have a dream). Rien à voir avec Barak Obama : ni dans la voix, ni dans l'émotion, ni dans le non verbal :
Et pourtant, regardez cette vidéo : Obama fait un discours sous la pluie. Inspiré par le ciel, comme l'était de manière fervente Martin Luther King, il trouve des intonations du leader noir.
Alors que Barak Obama tire sa légitimité de la classe sociale à laquelle il s'adresse et de quasi-héros (demi-dieux) du panthéon Américain, John Mc Cain tire sa légitimité quasi exclusivement de la guerre du Vietnam, puisqu'il est difficile pour lui de s'appuyer sur la famille Bush.
L'émotion
Deuxième clé essentielle de la dialectique : l'émotion (que j'inclus, pour ma part dans un triangle émotions - valeurs - témoignage des faits, mais je simplifie). Là encore le format d'une demi-heure permet à l'émotion de s'installer.
Je rappelle que l'émotion est un puissant conditionnement pour l'esprit. Par exemple, la joie favorise le travail rationnel du cerveau. La tristesse ou la colère réduisent nos capacités intellectuelles.
Le moteur de l'émotion est emprunté au cinéma : puissance de l'association de la musique et de l'image. Dans le film "la chute", la musique arrive à nous arracher des larmes sur le sort des nazis. Ca devrait suffire à convaincre de la puissance du procédé.
Dans la vraie vie, on est rarement accompagné par un orchestre symphonique, mais essayez donc de faire la chose suivante : filmez une scène de famille banale (un repas, un réveil, un week-end dans le jardin), montez le film légèrement au ralenti et mettez-y une musique de film qui prend aux tripes (Angelo Badalamenti, Clint Mansell, Philip Glass, par exemple). Si vous n'avez pas la gorge nouée au bout de deux minutes, je vous paye une bière.
Bien entendu, ce n'est pas le seul ressort de l'émotion, et il faut rendre ici hommage à Davis Guggenheim, le réalisateur du film (également réalisateur du film d'Al Gore "une vérité qui dérange"), qui a mis les ingrédients qu'il fallait dans le montage (rythme, gros plans, scènes d'affection) et le contenu souvent fortement émotionnel de la voix off de Barak Obama.
La vulgarisation par le témoignage
Cette technique a été particulièrement utilisée par Nicolas Sarkozy. Elle consiste à démontrer un mécanisme social en faisant parler une personne impliquée dans le mécanisme.
Ainsi, Nicolas Sarkozy faisait-il régulièrement état de ses déplacements dans les régions, dans les usines, et de ses dialogues avec des ouvriers, des mères de famille, etc... jusqu'au Karcher et la racaille, qui sont des termes issus de dialogues avec des habitants des cités exaspérés par la violence des petits voyous de leur quartier.
On imagine à quel point c'est un procédé manipulatoire. Tout le film est construit sur ce mécanisme. C'est sans doute ce qui, du point de vue de la technique de communication, rend le message le plus discutable.
Un témoignage différent d'un autre acteur du mécanisme aurait pu aboutir à des conclusions diamétralement opposées.
C'est pourtant le procédé le plus courant dans la démonstration par l'image. Et nous sommes entrés dans l'ère de l'image...
Barak Obama intervient après chaque témoignage pour prendre de la hauteur, "modéliser" le témoignage et en déduire son programme politique.
Les symboles
Ouaou... on se régale dans le film. Il y en a plein, sur des registres très différents. Il faut se replacer dans le contexte du média : tout film travaille sur quatre registres issus de deux univers :
L'univers visuel : l'image et le mouvement, le montage et les transitions
L'univers auditif : la musique et le son, la voix et les paroles
Ils sont les supports des symboles et produisent des significations (que je sépare du sens : le sens est donné par ce que le spectateur a compris)
Deux symboles que j'ai trouvés remarquables :
La renaissance des Etats-Unis : l'introduction, avec le champ de blé, puis en fondu les mains des enfants qui tiennent les petits drapeaux Américains. Le ton est donné d'emblée. Les points sur les i sont posés par la voix de Barak Obama : "everywhere I go, despite the economic crisis, the war, and the incertainity about tomorrow, I still see optimism, and hope, and strength".
Et ce drôle de truc que j'appellerais "la Vocation" : Barak Obama traite de la santé, et prend pour exemple sa mère, morte d'un cancer. Le plan suivant est consacré... à son discours où il annonce sa candidature à la Présidence des Etats-Unis. Il y explique le lien entre la mort de sa mère et sa candidature. Ailleurs il expliquera "I was more shaped by the absence of my father, than his presence".
Au fond, il y a là une sorte d'immaculée conception d'un noir par une mère blanche. Je ne peux pas croire que tout cela n'a pas été soigneusement pensé. Well done, guys... Pour moi c'est le moment le plus dense du film.
La séquence démarre exactement à la 18e minute d'un film qui dure 27 minutes, soit exactement aux 2/3 du film. Je ne peux pas dire si cela à une signification (ce n'est pas loin du nombre d'or, mais bon...). Peut-être un cinéaste pourrait me dire s'il se passe quelque chose de précis à ce moment-là d'un film.
Barak Obama organise toujours son argumentation de la même manière :
j'explique comment je finance ma dépense
j'explique ma dépense
La tâche est assez simple, pour Barak Obama. Il dit à un moment ceci : "supprimer les dépenses qui ne rapportent rien, privilégier celles qui ne coûtent moins et marchent mieux".
Il s'appuie sur la plus grande faiblesse du gouvernement précédent en parlant de la ligne budgétaire la plus lourde et la plus inutile : la guerre en Irak qui coûte 10 milliards de dollars par mois aux Américains.
Cette parade sous forme d'attaque contre son adversaire est quasi imparable pour John Mc Cain qui n'a pas su prendre ses distances par rapport au gouvernement Bush. Erreur que n'a pas commise Nicolas Sarkozy.
Résultat : les attaques de John Mc Cain sont traitées sur le ton de la dérision. Deuxième erreur : le temps n'est pas aux guignoleries. J'en parlerai un peu plus loin.
L'argumentation complète de Barak Obama se séquence en trois temps :
le témoignage décrit des faits et l'émotion associée (on est toujours entre tristesse et amour pour ses proches, sa nation). L'émotion permet de faciliter l'adoption des arguments qui suivent. L'image prime.
la réponse aux objections (non seulement ça ne va rien coûter, mais en plus on fera des économies - nous aiderons ceux qui en ont le plus besoin). La voix et le visage (qui renvoie à la responsabilité) de Barak Obama priment.
le programme : à la voix et au visage de Barak Obama s'ajoutent un texte écrit en bas à droite de l'écran et qui grave dans le marbre de l'écran de télévision les actions qui seront menées par son gouvernement s'il est élu.
Une autre règle de l'argumentation persuasive est de partir de la vision du monde de son interlocuteur. Là aussi, Barak Obama est impeccable :
la structure générale de son argumentation part du court terme vers le long terme : il explique d'abord ce qu'il va faire ici et maintenant pour agir sur la crise et soutenir le quotidien des Américains, et il s'agit d'aides financières ; il parle ensuite d'actions à plus long terme ("longer view") où il s'appuie purement et simplement sur les trois piliers du développement durable (économique - social - environnemental).
à la manière de Sarkozy, son discours part toujours du quotidien des gens pour arriver à un plan d'actions, expliqué avec des mots simples.
Le personnage et son rôle
Eléments de contexte, d'abord :
Du point de vue politique, depuis 2005 les démocrates gagnent élection sur élection. Il est probable que n'importe quel candidat démocrate aurait gagné en 2008. Encore que de récentes analyses indiquent que rien n'est gagné du fait que Barak Obama soit noir (l'effet Bradley). Néanmoins, il y a un effet Barak Obama incontestable sur les Américains.
Le contenu du message de Barak Obama fait immanquablement penser aux programmes politiques des pays européens. En particulier, on y trouvera une grosse partie du programme de Nicolas Sarkozy, et aussi pas mal de choses du programme de Ségolène Royal.
Je n'ai d'affection particulière ni pour l'un, ni pour l'autre, mais je suis frappé par ce rapprochement de la politique américaine vers la politique européenne (et pas l'inverse). Ce qui est sans doute, du point de vue de la politique économique une très bonne nouvelle (on donne une nouvelle chance au keynésianisme, si un économiste qui me lit pense que je dis une énormité, qu'il laisse un commentaire, je m'expliquerai).
On ne peut pas ne pas faire le rapprochement avec un livre récent de Jeremy Rifkin : the european dream. Barak Obama entame d'ailleurs explicitement le deuil de l'American Dream dans un passage de son film.
Constat : Barak Obama / Nicolas Sarkozy, même combat (par exemple ceci : une économie qui honore la dignité du travail, une présidence de rupture, ou encore le témoignage d'une femme qui part au travail le matin avant le lever du soleil)
Question : où se trouve la différence (parce que quand même, on sent bien une différence) ?
Avant de parler de la différence, je voudrais parler d'une autre ressemblance, essentielle : l'intime conviction de détenir une solution.
Je me suis tapé des heures d'analyse du discours de Sarkozy, avant qu'il soit Président (il était meilleur avant), pour décoder sa dialectique qui était à l'époque assez innovante. J'ai bien découvert des trucs très intéressants, n'empêche : j'affirme que Nicolas Sarkozy croyait dur comme fer à ce qu'il disait. Ce n'était pas le cas de Ségolène Royal, ce n'est d'aucune manière le cas de John Mc Cain et ça se voit sur leur tête, à leur manière de parler, à leur posture corporelle.
Voici un des rares discours où John Mc Cain ne fait pas le guignol. Regardez le visage figé, l'intonation théâtrale, la dissonance entre ce que disent ses mots et ce que dit son image (même le public n'y croit pas vraiment) :
Barak Obama partage avec Nicolas Sarkozy ceci : ils ont l'intime conviction de détenir une solution pour leur pays.
La différence fondamentale entre les deux personnages est le non-verbal. Un laboratoire a étudié par ordinateur l'expression non verbale de Nicolas Sarkozy (je n'ai pas trouvé de vidéo sur Youtube et je n'ai pas le dvd sous la main, mais je vous trouverai les références, si vous me le demandez). Le logiciel analysait les quatre émotions fondamental (colère, tristesse, joie, peur). Le profil de Sarkozy était très fortement marqué par la colère.
Ce qui est étonnant dans le personnage de Barak Obama est la sérénité de son visage, la qualité de son expression, la posture de son corps. Deux mots me viennent à l'esprit : douceur et fermeté. Cela me rappelle l'expression de ma professeur de piano, quand j'étais petit : "tu dois avoir des doigts d'acier dans un gant de velours". C'est à peu près ça.
Cela donne à Barak Obama une "étrangeté" tout à fait en phase avec sa volonté d'être en rupture. A la fin du film, juste avant que Barak Obama fasse acte d'humilité en expliquant "qu'il n'est pas parfait et qu'il ne sera pas un Président parfait" un élu décrit ce "type spécial" :
"This guy is special because I think he can bring in people together, because he is a good decent man, that understands the world through his background, that he is an man who can heal this country... (je n'ai pas compris ce passage : partitionship ?) ... there is a very, unusual good positive side in this man that we need in this junction of History" (ça ne me semble pas grammaticalement juste, mais bon vous aurez compris, hein).
Le film joue de manière très inspirée sur cette matière première de
choix : ses expressions sont très différentes suivant qu'il est dans la
peau du candidat ou dans la peau du citoyen (beaucoup plus souriant et
affectueux, parfois une attitude quasi christique). A remarquer également, les choix de tenue vestimentaire (du costume à la chemise ouverte).
D'où le rôle de "sauveur" que Barak Obama endosse avec une vraie élégance naturelle. Un sauveur venu d'ailleurs, "a problem solver who thinks big" comme le dira une personne interviewée.
Trois fois dans le film, des personnes à qui Barak Obama adresse la parole en simplement expliquant ce qui est juste, remercieront Barak Obama par un "thank you" quasi-illuminé. C'est très touchant, c'est aussi un peu inquiétant.
Dans le rôle de sauveur, il me fait penser à Ségolène Royal. Ce que dit Barak Obama est simple et sain : t'as bossé, t'as droit à ta part ; t'es malade, la société doit t'aider ; t'as des enfants, nous leur devons une bonne éducation. Mais pourquoi diable Ségolène n'a jamais su convaincre ? Parce qu'un sauveur y croit vraiment : il est "consistant".
Il donne la sensation de maîtriser la situation. Voici deux enthousiastes qui expriment très bien ce que dégage le corps de Barak Obama :
Les petites phrases
Je termine avec quelque chose qui relève un peu de l'anecdote. Le film est bien évidemment émaillé de phrases clé, qu'on appelle aussi "petites phrases" en dialectique.
Celle que j'aime bien :
"we measure the strength of our economy not by the number of billionairs we have, orh by the profit of the Fortune 500" (une question d'indicateur, encore...)
Celle qui caractérise le rôle tenu par Barak Obama :
"a problem solver who thinks big"
Celle qui a plu à mon épouse :
"no governemnt programm can turn up the tv set, or put away the video games, or read to your children"
Celle qui a du plaire tout court :
"Tax payers are payed back first" (au sujet de la crise financière)
Celle qui, d'après les articles qui ont paru suite à la diffusion de la publicité est restée en mémoire :
"...I reminded every single day that I am not a perfect man, I will not be a perfect President, but I can promise you this : I will always tell you what I think and where I stand, I will always be honest with you about the challenges we face, I will listen to you when we disagree, and most importantly, I will open the doors of Governement and ask you to be involved in your own democracy again"
La presse n'a retenu, semble-t-il que la première proposition "je ne suis pas parfait et je ne serai pas un Président parfait". Dommage, parce que le vrai et unique programme politique du bonhomme, c'est la suite de la proposition. Bah. Chapeau, monsieur Obama.
Sinon, pour les initiés, j'ai aussi ça (merci Alex) :
[ Avant tout, un petit mot d’excuse : le week-end dernier, j’étais en Roumanie pour un voyage d’étude, et je n’ai pas publié d’article. J’aurais pu le faire de là-bas, puisque j’avais une connexion internet à l'hôtel. Mais j’étais fatigué. Simplement. Je vous parlerai de ce grand pays à l’autre bout de l’Europe une prochaine fois.
]
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Pour ceux qui connaissent le BarCampAlsace, voici un BarCamp un peu spécial que j’ai inventé, avec Sacha, à l’occasion de Mobilis2008 : le MoveCamp. Il aura lieu en même temps que Mobilis2008, les 18 et 19 Novembre prochains à Belfort.
« Solutions de mobilité urbaine : concepts, nouveaux usages et services »
Les rencontres auront lieu les 18 et 19 Novembre prochains à Belfort.
Au cours de ces deux journées se succéderont conférences, ateliers et expositions, espaces de rencontres en petits groupes.
Le Pôle nous a demandé d’organiser une non-conférence dans le cadre de Mobilis 2008, pour compléter la diversité des types de rencontres.
Le format BarCamp se différencie par sa structure ouverte et interactive.
L’accès au MoveCamp est gratuit, comme le veut la règle du BarCamp.
Si vous avez des idées, des projets, une volonté de faire quelque chose pour changer activement les modes de déplacement urbains (un des enjeux majeurs de la lutte contre les gaz à effet de serre), vous pouvez vous inscrire ici.
Pour les habitués du net, de PBwiki (pretty barbarian wiki...) et des BarCamps, inscription directement ici.
Allez une dernière et je passe à autre chose… 23andMe déroule sa stratégie de communication et ses plans d’action avec un professionnalisme exemplaire.
Communication de crise: 23andMe répond au gouvernement de Californie en disant tout simplement qu’ils ne cesseront pas leur activité et qu’ils sont en règle avec la loi. A suivre… en tout cas, le coup de pub est assuré.
Le blog de 23andMe : ouvert depuis novembre 2007, actif depuis janvier 2008, c’est une mine d’informations. Il est très bien réalisé. Curieusement, très très peu de commentaires. Je trouve ça bizarre.
Une présentation de 23andMe surSecond Life. Ca c’est marrant : les avatars auraient-ils un ADN ? Plus sérieusement, le lieu idéal pour trouver des techno-addicts et adopteurs précoces.
We do no evil
En regardant l’image prise sur Second Life, j’ai repéré le logo 23andWe. Derrière le concept très mercantile de la vente de narcissisme de 23andMe, les fondateurs ne se cachent pas d’une ambition plus haute : partager la connaissance sur les gènes pour faire avancer la médecine.
Comme Google, qui partage l’information mondiale et s’enrichit, 23andMe partage l’information génétique mondiale, pour "faire le bien" (ou "ne pas faire le mal") et s’enrichira.
A propos d’adopteurs précoces, le narcissique Loïc le Meur ne pouvait pas ne pas être de la partie. Il s’est distingué avec cet extrait hallucinant sur son blog (voir l'article de Loic Le Meur sur 23andMe) :
« J'ai crache dans le tube ADN de la societe 23andme, j'aurai mes resultats dans quelques semaintes et les mettrai a disposition sur mon blog. J'ai interviewe les fondatrices de 23andme a Davos et elles m'ont offert un test ADN gratuit (valeur $1000) pour les lecteurs de mon blog »
J’ai gardé la faute de frappe, je trouve que ça fait authentique. Voilà. Je me demande s’il publiera les résultats si on lui trouve le gène du tueur, ou une probabilité forte de cancer.
Vous apprécierez la deuxième phrase… oh, Narcisse… oh, la richesse… oh, l’argent… oh, le pouvoir…
En tout cas, cela traduit bien ce que Seth Godin dit des adopteurs précoces : ils ne consomment pas les innovations pour les mêmes raisons que le reste du marché. Leurs motivations sont plus liées à la reconnaissance sociale qu’à l’intérêt du produit lui-même.
La réaction de Loïc Le Meur en est l'illustration parfaite.
Patatra... Cette semaine, l'activité de 23andMe a été suspendue par l'Etat californien. La suspension serait levée sous deux conditions :
que le laboratoire soit certifié par le gouvernement de Californie et le gouvernement fédéral
que la demande d'analyse du génome soit prescrite par un médecin
Le débat est lancé aux Etats-Unis, par exemple :
Valleywag ("I thought they had more important things to do... like balance the budget. Oh. Fuckers.") Techcrunch ("Genetic testing isn’t a toy ….")
Je découvre la sensation que doivent éprouver les astronomes lorsqu'ils assistent à la naissance d'une étoile, ou quelque chose comme ça : la naissance d'une innovation et son parcours chaotique de la marge vers une nouvelle norme.
Jouir sans entrave
Lorsqu'on lit les deux blogs que je viens de citer plus haut, on comprend immédiatement pourquoi l'innovation produit est plus facile et rapide aux USA qu'en Europe : le débat ne porte pas sur le sens ou la portée de l'offre, ses conséquences éventuelles sur la société (une dimension politique, nécessairement centrée sur la norme), mais sur la satisfaction individuelle d'un désir (une dimension purement marketing, centrée sur l'égo).
Sans aucun rapport (vraiment ? pas sûr...) cette vidéo transmise par un ami :
Beaucoup de lignes ont défilé sur les écrans depuis la semaine dernière au sujet de 23andMe. Des opinions, pour l’instant. Personne encore en France ne témoigne de l’expérience et de ses conséquences. Tiens, je vais peut-être le faire… ah oui, mais 1.000 $, quand même…
Revenons à la phrase de notre client, employé chez Google :
«Notre mission est d'organiser l'information du monde et de la rendre disponible et accessible à tous. Or le patrimoine génétique de l'humanité est de l'information pure »
Ca me rappelle aussi la race pure, accessoirement. Je veux dire par là que l’information est ce qu’elle est (disons pure, ou purement dénuée de sens, ou purement distincte de ce qu’on en fait), mais elle n’est pas vérité. La vérité c’est ce qu’on veut bien croire ensemble.
Les oracles de Delphes étaient probablement aussi efficaces pour les Grecs que la génétique pour nous autres. C’est un système de croyance sur la prédestination (avec comme bête conséquence, parfois, la prophétie auto-réalisatrice)
Imaginez ceci : il existerait un génome de la Bourse, qui décoderait toute la complexité du marché. Dès lors, si le marché n’était pas régulé par une autorité politique, il y a de fortes chances qu’il s’écroulerait, puisque dans une tendance baissière, toute le monde vendrait.
Pour la génétique, ça doit être pareil : le jour où plus aucun assureur n’accepterait d’assurer des citoyens génétiquement handicapés, le principe même de l’assurance s’écroulerait puisque la notion de risque n’existerait plus. C’est vrai pour tout, comme le décrit avec ironie ce bloggueur.
Je pense que l’information pure n’existe pas. Entre les hommes il y a de la communication :
une information,
l’émotion qui l’accompagne,
les valeurs qui lui donne un sens.
On ne peut pas critiquer l’information seule, 23andMe seule, les actionnaires seuls, les dirigeantes seules. C’est non seulement une erreur, mais ce serait dénigrer le talent de ces entrepreneurs.
C’est un système dans lequel il y a de la politique et de la culture qui doit être critiqué, changé et amélioré. Je pense que même Richard Dawkins en conviendrait.
Bienvenue dans le XXIe siècle, un siècle où consommer exige de plus en plus de jugeote…
Elevé jadis par Descartes en « maître et possesseur de la nature », l’homme devient une simple chose pour les forces (celles de la technique, de la politique, de l’histoire) qui le dépassent, le surpassent, le possèdent. Pour ces forces-là, son être concret, son « monde de la vie » (die Lebenswelt) n’a plus aucun prix ni aucun intérêt : il est éclipsé, oublié d’avance.
J’ai d’abord pensé à un hoax, mais non, c’est très sérieux : une entreprise, 23andMe, propose d’analyser votre génome et de le publier.
Le principe est simple : vous crachez dans une éprouvette, vous envoyez le tout à 23andMe qui vous transmet votre génome. Le résultat est assorti d’informations sur vos origines et vos risques de santé.
Vous avez la possibilité de maintenir ces informations confidentielles ou de les rendre publiques.
Il y aurait de quoi écrire des dizaines d’articles sur le sujet. Comme j’aime faire court, voici ce que m’inspire les quelques informations que j’ai glanées ici ou là :
Le look des entreprises du XXIe siècle
Voici le site, que je trouve nickel : http://www.23andme.com/ Son design est dans le style des sites web2.0 et plus généralement des nouvelles générations d’entreprise.
Question : y a-t-il un génome des entreprises du XXIe siècle ? Diversité culturelle
Voici deux phrases repérées sur un blog français et un blog américain :
« Cet outil serait il seulement pertinent ? » « People pay for this ? » Question : qui est le français ?
""Genealogy is the second most popular hobby on the internet. You can guess what the most popular one is."
Question (pour les anglophones) : what is the most popular hobby on the internet ?
La semaine prochaine, je m’intéresserai à cette phrase, prononcée par un client, salarié de Google :
«Notre mission est d'organiser l'information du monde et de la rendre disponible et accessible à tous. Or le patrimoine génétique de l'humanité est de l'information pure »
L’information étant une composante de la communication, la question est : avec quelles émotions ? Et quelles valeurs ?
A force de parler de croissance, on oublie l’essentiel : le désir. Il me semble que dans les pays à faible croissance (les pays les plus développés) les désirs restent intacts, mais c’est la manière d’aborder la satisfaction qui change.
Les marketers découvrent de nouveaux consommateurs, émergents :
ils n’achètent plus un bien sans se poser la question de savoir s’il est bon pour les autres (par exemple : la voiture)
ils attachent moins de valeur au luxe, plus de valeur à la cohérence et toujours autant de valeur à la qualité du produit (par exemple The Body Shop)
ils sont ouverts à des modes de distribution alternatifs, qui correspondent mieux à leur mode de vie (commerce électronique, malls…)
A consommateurs nouveaux, nouveaux entrants sur le marché…
Ce dernier point ouvre des perspectives heureuses aux créateurs qui n’ont pas la chance de connaître tel ou tel copain qui pourra les pistonner pour être pris en charge par tel ou tel major.
Un exemple magnifique : Tay Zonday. Voici un garçon de 25 ans, auteur compositeur talentueux, doté d’une voix exceptionnelle, qui compose dans son garage avec clavier, casque et micro et lance son album sur internet….
Résultat : le titre phare « Chocolate rain » est vu près de 18 millions de fois ! 18 millions, quand même…
Et ça vaut le coup : voix admirable, paroles d’une rare poésie, musique obsédante, sujet consistant (le racisme), vidéo amateur… justement : on y est, on le touche, il est réel.
Sur son site, très simple, Tay Zonday propose à l’écoute en streaming tous les titres de son album « internet dream » (eh oui, ce n’est plus l’American dream) : tous sont beaux, peut-être plus intéressant que Chocolate rain.
Une zone est réservée au téléchargement payant, pour plus tard. On sait qu’une œuvre diffusée gratuitement sur le web est achetée plus tard. A mon avis, la fortune (dans tous les sens du terme) de Tay Zondays est faite. Avec rien d’autre que du talent.
Dans un modèle économique classique, un tel niveau de succès, ou de satisfaction du client, aurait nécessité des moyens énormes (donc du chiffre d’affaires, donc de la croissance) est réalisé avec très peu (même s’il faut compter le coût de l’infrastructure internet).
Ce petit exemple devrait nous faire réfléchir, non pas à la croissance, mais à ce que notre niveau de richesse peut produire de nouveau sans croissance.
A nous de faire fonctionner nos neurones : jusqu'à présent, la croissance incitait à la paresse. Maintenant, nous devons avoir l'intelligence d'utiliser mieux notre abondance. Cela passera bien entendu par de nouveaux indicateurs.
Le forum ouvert - Open Space Technology Le site des facilitateurs de la méthode participative du forum ouvert (ou Open Space Technology). Une méthode qui favorise l'intelligence collective et la mise en route des plans d'action.
WorldCafé Site des utilisateurs de la méthode participative du World Café. Une méthode pour favoriser l'intelligence collective.
Le manifeste des evidences Un manifeste pour un nouveau marketing qui date de 1999. Prophétique et utopique, il s'appuie sur le modèle du Web2.0 comme Freud s'appuyait sur la thermodynamique et Watzlavick sur la cybernétique.
L'alter entreprise - le blog de Yannick Roudaut Yannick Roudaut est économiste. Il analyse de manière claire le système financier et les méfaits de la spéculation. Il explore des pistes alternatives.